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Les donations Muguette et Paul Dini : Une Histoire de la peinture
à Lyon et en Rhône-Alpes de 1865 à nos jours.
La
donation de 450 tableaux offerte en 1999 par Muguette et Paul Dini à
Villefranche-sur-Saône et complétée depuis, représente
plus de cent trente artistes nés ou ayant vécu dans la région
Rhône-Alpes depuis le milieu du XIXe siècle jusqu'à aujourd'hui.
La collection s'amorce avec des représentants du XIXe siècle
dont la facture encore traditionnelle (Hector Allemand, Charles Beauverie, Saint-Cyr
Girier), laisse présager les avancées luministes et coloristes
de la fin du siècle.
Autour
d'Auguste Ravier, Adolphe Appian, Louis Carrand et François Vernay se
réunissent à Crémieu puis à Morestel pour travailler
sur le paysage et ses modulations, révélant l'Impressionnisme
futur. Parallèlement, la représentation florale se renouvelle
par l'abondance de la matière et de la couleur avec Eugène Baudin
et Jacques Martin. Quant aux compositions symbolistes du lyonnais Pierre Puvis
de Chavannes, elles développent un sens décoratif avec des mises
en aplat annonçant l'art moderne.
La collection se poursuit avec des individualités à l'écoute
des courants novateurs comme Albert André (proche des Nabis tels Bonnard),
Eugène Brouillard, Louis Jourdan et Philippe Pourchet. Quant à
George Bouche, sa singularité s'exprime dans une matière épaisse
et des teintes terreuses.
Le roannais Jean Puy, artiste fauve présent au salon d'automne de 1905
à Paris, traduit par sa palette lumineuse et son dessin simplifié
le renouveau des débuts du XXe siècle. Proche de cette nouvelle
esthétique, Jules Flandrin utilise la couleur dans ses visions classiques.
Simultanément, des artistes femmes imposent leur sensibilité colorée
en phase avec la création plastique de leur époque : Georgette
Agutte (qui, avec son mari Marcel Sembat, a légué une collection
d'art moderne au musée de Grenoble), Emilie Charmy, Jacqueline Marval,
Henriette Morel, et Suzanne Valadon, habituée du château de Saint-Bernard
à proximité de Villefranche.
Après 1918, les groupements artistiques se succèdent à
Lyon. Parmi eux, les Ziniars et les Nouveaux qui prolongent l'héritage
de Cézanne et de Derain à travers une peinture figurative.
Les Ziniars, qui seront à l'origine de la création du salon du
Sud-Est en 1925, rassemblent les artistes Adrien Bas, Louis Bouquet, Pierre
Combet-Descombes, Claude Dalbanne, Emile Didier, Jacques Laplace, Etienne Morillon,
Antonin Ponchon et Georges-Albert Tresch. Ils exposent de 1920 à 1924
à la galerie Saint-Pierre et permettent aux lyonnais de découvrir
des invités prestigieux tels que Derain, Léger ou Modigliani.
Dix
ans plus tard, les Nouveaux autour de Marc Aynard veulent dynamiser le milieu
de l'art. Parmi eux, René Besset, Jean-Albert Carlotti, René Chancrin,
Antoine Chartres, Jean Couty, Pierre Pelloux, Henri Vieilly exposent ensemble
entre 1931 et 1935.
Dans cet entre-deux-guerres, la création de la communauté d'artistes
à Moly-Sabata (Isère) par Albert Gleizes en 1927, montre l'engouement
pour les recherches sur le géométrisme abstrait qui seront transmises
à Daniel Gloria, Andrée La Coultre ou Paul Régny.
Ces formes d'expression entre figuration et abstraction sont proches du groupe
Témoignage (1936-1943) créé par Marcel Michaud. Avec René-Maria
Burlet, Claude Idoux, Jean Le Moal et Robert Pernin, ce rassemblement d'artistes
et d'intellectuels montre l'influence des arts symbolistes, surréalistes,
de la religion ou de l'ésotérisme dans la création plastique
de notre région.
L'après-guerre nourrit le débat entre figuration et abstraction.
Certains, Philippe Artias, Pierre Jacquemon, Jean Degottex s'attachent à
développer un travail abstrait alors qu'André Cottavoz, Jean Fusaro
et Jacques Truphémus, qui exposent ensemble sous la bannière des
sansistes en 1949 et 1951, renouvellent la peinture figurative.
Les années 1960 voient l'émergence d'artistes singuliers - Armand
Avril, Anselme Boix-Vives, Philippe Dereux, Joannès Veimberg …-
avec des créations d'assemblages pour certains d'entre eux les rapprochant
de l'art brut.
Concernant la création contemporaine, les artistes poursuivent les recherches
dès les années 1980 : retour à la figuration, exploitation
des possibilités de l'abstraction, prise en compte des nouvelles technologies
de l'image et de la photographie… Malgré l'importance croissante
d'autres moyens d'expression, ils continuent de pratiquer la peinture. Parmi
eux, Jean-Philippe Aubanel, Carole Benzaken, Stéphane Braconnier, Alain
Chevrette, Marc Desgrandchamps, Hilary Dymond, Philippe Favier, Patrice Giorda,
Jackie Kayser, Christian Lhopital, Patrice Mortier, Hubert Munier, Kacem Noua,
Djamel Tatah, Daniel Tillier …
Cette collection, enrichie depuis l'ouverture du musée par de multiples
autres dons, présente un parcours historique et géographique d'artistes
dont les carrières ont su s'affirmer au-delà de nos frontières
régionales.
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